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Le Préfet de Police de Casablanca Muté suite au mécontentement du Roi

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Le préfet de police de Casablanca a été révoqué et muté à Zagora, et le chef de l'arrondissement de police d'Anfa, lui, a été envoyé à Figuig. Les raisons de ces mesures disciplinaires résident vraisemblablement dans les "dysfonctionnements sécuritaires" qui ont lieu lors de l'actuelle visite du roi à Casablanca. En effet, alors qu'il se déplace en ville, sur la Côte ou dans d'autres quarties, la voiture du souverain a souvent été encerclée par des motos, qui tournaient autour soit par curiosité soit pour remettre des lettres au roi .

Mouzouni s'était distingué ces derniers mois par son traitement des manifestations populaires, et de leur côté parfois répressif, conduisant certaines associations de droits de l'Homme à lui demander des explications sur les violents évènements du 13 mars, par exemple. Il a été remplacé au pied levé et en urgence par Mustapha Moufid, le préfet de police de Rabat.


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L’USFP réitère son soutien à Tarik Kabbaj : Le Bureau politique condamne toutes formes de provocation

La bévue ayant visé Tarek Kabbage qui s’est vu empêcher de prendre part, en son nom mais surtout au nom de l’écrasante majorité des Gadiris qui l’ont porté à la tête du Conseil de la ville d’Agadir, à la cérémonie d’allégeance à Tétouan, n’a pas fini de susciter étonnement, indignation et par la même une solidarité inconditionnelle avec le maire d’Agadir.
Le Bureau politique de l’USFP qui a eu des rencontres à l’échelle régionale et provinciale avec les conseillers ittihadis de la capitale de Souss et à leur tête le président Tarek Kabbage tient à souligner sa grande fierté quant à la maturité et la clairvoyance dont ont fait preuve les militants dans la région de Souss en général, et à Agadir en particulier. Cette sagesse démontre concrètement le degré de conscience nationale et militante dont jouissent l’ensemble des militants.
Le Bureau politique, à travers son communiqué, dénonce toutes les formes de provocation qui ont visé ou qui visent le militant ittihadi Tarek Kabbage dans l’accomplissement de son devoir et toute tentative d’humiliation ou d’exclusion induisant une forte suspicion et des entraves devant l’édification du Maroc de la démocratie et de la dignité. Le Bureau politique considère que toute atteinte à l’expérience itthadie et à ses symboles, à leur tête Tarek Kabbage, vise l’USFP localement et au niveau national et qu’il ne peut nullement taire ce genre d’actes.
Il croit fermement en la capacité du Maroc de surmonter les entraves du passé, d’être à l’écoute des revendications des nationalistes et des démocrates, de veiller à garantir leur dignité et à les réhabiliter en vue de renforcer les liens permanents entre le sommet et la base.
Tout en renouvelant son engagement à suivre de près la situation à Agadir, particulièrement au niveau communal, le Bureau politique souligne qu’il va déployer tous ses efforts pour réhabiliter les citoyens de la capitale de Souss et leurs représentants qui ont été élus démocratiquement.
Dans ce cadre, il confirme la suprématie de la souveraineté populaire étant donné qu’elle est l’unique source de la légitimité des institutions et le garant de l’indépendance de ses décisions comme le souligne la nouvelle Constitution.
Le Bureau politique exprime enfin sa satisfaction quant à l’attitude positive du ministère de l’Intérieur concernant la situation dans la ville d’Agadir. Il réclame également la nécessité de rendre publics les résultats de l’enquête en cours.

Source : Libération

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Le RNI rejette la date fixée pour les Législatives au Maroc


Le Rassemblement National des Indépendants (RNI) a annoncé avoir rejeté la date fixée, le 25 novembre prochain, pour la tenue des élections législatives.

Dans un communiqué rendu public mercredi à l'issue d'une réunion extraordinaire, le bureau exécutif du RNI a précisé que le parti, "fidèle à sa responsabilité et en harmonie avec ses aspirations à une mise en oeuvre optimale de la nouvelle Constitution, qui a recueilli l'approbation et l'adhésion de l'écrasante majorité des Marocains, a décidé de ne pas accepter la date retenue pour ces élections", et ce, "après examen de toutes les données politiques, économiques et sociales".

"La méthodologie adoptée pour gérer cette étape n'a pas pris en compte les exigences à même de favoriser un climat de compromis", a expliqué le bureau, signalant que le parti "a mis en place un mécanisme pour assurer le suivi de ce dossier et de ses développements, avec ses partenaires politiques, le gouvernement ainsi qu'avec les autres formations politiques".

Dans ce cadre, le bureau exécutif a invité "tous les acteurs politiques à se hisser au niveau des défis de l'étape historique que traverse notre pays , laquelle étape requiert de tous une mobilisation militante et nécessite de transcender les calculs étriqués afin de servir les intérêts suprêmes de la Nation, avec à leur tête la mise en application optimale de l'esprit de la Constitution et l'édification d'institutions démocratiques capables de répondre aux attentes des citoyens".

Le bureau exécutif du RNI a également décidé de maintenir ouverte cette réunion.

Source : MAP

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Le film Omar m'a tuer candidat aux Oscars 2012

Le film "Omar m'a tuer" du réalisateur marocain Roshdy Zem, a été choisi, pour concourir aux Oscars 2012 dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, indique mercredi un communiqué du Centre cinématographique marocain (CCM).


Une commission de sélection, réunie mardi à rabat sous la présidence de l'écrivain et critique du cinéma , Mohamed Gallaoui, a choisi le film du réalisateur marocain Roshdy Zem pour représenter le Maroc à la compétition des Oscars 2012 conformément, et ce, aux critères établis par l'"Academy of Motion Picture Arts and Sciences ".




La commission de sélection était composée de Mouna Fettou, comédienne, Saloua Zouitten, responsable de la production au CCM, les critiques de cinéma Ahmed Boughaba et Omar Benkhemmar, les producteurs et réalisateurs Kamal Kamal et Abdelkrim Derkaoui ainsi que du critique de cinéma et chargé de la communication au CCM, Mohamed Bakrim.


Source : MAP


Vidéo Bande annonce "Omar m'a tuer" :




Genre : Drame , Policier
Réalisé par Roschdy Zem
Avec Sami Bouajila, Denis Podalydès, Maurice Bénichou, plus
Durée : 01h25min Année de production : 2010
Résumé : Le 24 juin 1991, Ghislaine Marchal est retrouvée morte dans la cave de sa villa de Mougins. Des lettres de sang accusent : « Omar m’a tuer ». Quelques jours plus tard, Omar Raddad, son jardinier, est écroué à la prison de Grasse. Il parle peu, comprend mal le français, a la réputation d’être calme et sérieux. Dès lors, il est le coupable évident. Il n’en sortira que 7 ans plus tard, gracié, mais toujours coupable aux yeux de la justice. En 1994, révolté par le verdict, Pierre-Emmanuel Vaugrenard, écrivain convaincu de l’innocence d’Omar Raddad, s’installe à Nice pour mener sa propre enquête et rédiger un ouvrage sur l’affaire…

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La Schizophrénie Sexuelle des Marocains

Entre sexualité assumée et tradition, les marocains ne savent plus où donner de la tête. D’après un sondage, 99% des hommes marocains souhaiteraient épouser une femme vierge, mais admettent qu’avoir une petite amie non vierge ne les dérange pas.

Il faut savoir ! Pour eux, avant le mariage, la virginité n’est pas importante car rien n’est officiel. Cependant, une minorité urbaine assume cette sexualité dévoilée hors mariage. Selon une sexologue marocaine, Amal Chabach, « la mondialisation, l’évolution des consciences et l’indépendance financière des femmes marocaines font que de plus en plus elles assument leur sexualité avec des hommes qui ont également ouvert leur esprit à cette liberté de choix ».

Mais ce n’est pas le cas partout. En effet, de nombreuses femmes sont contraintes à avoir recours à la chirurgie afin de se faire reconstruire un hymen. Un business très fructueux qui réjouit les médecins. Et le phénomène va loin. Des chinois sont même allés jusqu’à créer une sorte de poche de sang qui dégagerait un liquide rouge au moment de la nuit de noce…

Entre temps, le nouveau code de la famille, Moudawana, avait été adopté en 2004. Ainsi, les femmes étaient placée au même niveau que les hommes pour la gestion de la famille. Une position qui a émancipé la femme, et qui dit femme de pouvoir, dit femme libérée, même sexuellement. Au Maroc, même les jeunes filles sont perdues. L’une d’entre elle déclare que les marocains sont de véritables « schizophrènes », tiraillés entre « traditions et désirs de liberté ».

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Les Télés au Maroc participent à l'Ignorance des Spectateurs



Aboulkacem Chebri, écrivain, archéologue et militant associatif, appelle à traduire les responsables du pôle public marocain en justice. Il vient de publier une lettre ouverte où il lance un coup de gueule contre les productions diffusées durant le mois de ramadan. Entretien

Aboulkacem Chebri est directeur du Centre des études sur le patrimoine maroco-lusitanien à El Jadida. Se disant «outré» par la programmation des chaînes de télévision nationales, il vient de publier une lettre ouverte, adressée notamment à la Haute autorité de la communication audiovisuelle et au ministère de la Communication, pour crier son mécontentement. Pour lui, il faut que la société civile se saisisse de ce dossier.

Dans une lettre intitulée «Poursuivre la télévision», vous vous insurgez contre les feuilletons, séries et autres sit-com diffusés durant le mois de ramadan. Que reprochez-vous au juste à ces productions ?

Vous savez, la programmation de nos chaînes de télévision est insatisfaisante de manière générale. Personnellement, je ne me retrouve pas dans ce qui est diffusé sur le petit écran. Les comportements sociaux et toute la richesse de notre société, on ne les retrouve malheureusement pas à travers nos émissions télévisées. Nos chaînes de télé ne sont d’aucune valeur ajoutée pour l’éducation et la culture du citoyen. Pire, elles participent à le rendre ignorant ou plus ignorant. Cela vaut même pour le bulletin météo qui, pour moi, est du charabia. Je ne comprends pas la manière avec laquelle il est réalisé. A chaque fois, j’ai comme l’impression qu’on nous parle de la météo de la planète Mars.

Vous avez évoqué la programmation de manière générale. Pourquoi avoir choisi de vous exprimer spécifiquement pendant le mois de ramadan ?

Durant le mois de ramadan, tout le monde regarde la télévision. Notre consommation des programmes télé s’accroît d’une manière très importante. Cette année ,la mauvaise qualité a battu tous les records. J’ai dit dans ma lettre d’ailleurs que l’on commence à ressentir une certaine nostalgie par rapport à ce qui faisait il y a quelques années. Malgré tout, il y avait de la créativité, mais cette année c’est la catastrophe.

Dans quel objectif avez-vous rédigé cette lettre ?

Je suis arrivé à un point de saturation. Je me suis dit qu’il fallait parler, s’exprimer. Mon intention n’est pas de faire parler de moi, ce n’est pas mon but. Je suis un homme de l’ombre et je tiens à ce statut. Cependant, je me suis dit que le moment est peut- être venu d’éveiller les consciences. Cette lettre s’adresse à toute la société civile et la responsabilité incombe non seulement aux artistes mais surtout et en premier lieu aux chaînes de télévision, la Haute autorité à la communication audiovisuelle et au ministère de la Communication. Il faut arrêter de diffuser ces programmes qui sont insultants à l’égard de la société marocaine toute entière.

Maintenant que cette lettre est envoyée à certaines associations des droits de l’Homme, aux instances culturelles, à quelle réaction vous attendez-vous ?

J’aimerais que d’autres personnes me suivent dans la dénonciation. Je trouve cela aberrant que le téléspectateur marocain continue à subir cela dans réagir. Il faut que le Maroc bouge et il faut réagir. Je ne sais pas si cette lettre pourra changer quelque chose mais j’espère au moins que les mentalités vont évoluer. J’aimerais bien que la société civile réagisse et qu’elle aille manifester devant les locaux de nos chaînes de télévision.

Dans votre lettre, vous parlez de la mauvaise qualité de certaines productions et pourtant les résultats d’audience ne sont pas si catastrophiques que cela. Elles font par ailleurs le bonheur de 2M. Est-ce que vous ne pensez pas que c’est une affaire de goût ?

Ces résultats d’audience je n’y crois pas. La manière avec laquelle ils sont réalisés réduit leur crédibilité. Je suis d’accord avec vous que les goûts et les couleurs ne se discutent pas mais croyez -moi s’il y a de véritables enquêtes ciblées qui sont réalisées sur le terrain avec des sondages crédibles, plus de 70% de la population serait contre ce qui est programmé durant le mois de ramadan.

Qods Chabâa

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Les « ferrachas » prennent possession des rues au Maroc


Les marchands ambulants ont pris possession des rues du Maroc. La police, occupée à réprimer les manifestations du Mouvement du 20 Février, se montre plus tolérante envers eux que par le passé. Les commerçants sont naturellement en colère. Leur syndicat, rapporte le quotidien économique marocain L’Economiste, compte organiser un sit-in de protestation devant le Parlement après la fin du mois de ramadan.

Les « ferrachas », vendeurs ambulants appelés ainsi au Maroc parce qu’ils posent leur marchandise à même le sol, ont pris possession des avenues et artères des villes. Au grand dam des commerçants ! Dans la situation d’agitation politique que connaît le Royaume depuis février 2011, leur conquête de la rue semble plus tolérée que par le passé.

Ils sont partout, à tel point que les voitures circulent difficilement dans les artères qu’ils occupent. Depuis le début des contestations du Mouvement du 20 Février, les forces de l’ordre ont fort à faire avec les manifestants ! Elles n'interviennent plus pour dissuader les « ferrachas » de prendre possession de quartiers marchands entiers.

Les commerçants, naturellement, fulminent contre la « passivité des pouvoirs publics ». « Nous avons écrit à toutes les autorités compétentes, au gouverneur, au ministère de l’Intérieur, au Conseil de la ville… Nous avons même demandé audience au Premier ministre. En vain ! », déclare Hassan Salam, secrétaire régional du Syndicat national des commerçants et des professionnels (SNCP) de la ville de Salé, cité par le quotidien marocain L'Economiste. La réponse est toujours la même, regrette, de son côté, Ali Boutakka, trésorier du SNCP : il faut tenir compte du contexte social !

Menace de sit-in des commerçants

Devant l'absence de réaction des autorités, le syndicat des commerçants a annoncé des actions de protestation qui auront lieu après le mois de ramadhan. « Nous envisageons d’observer un sit-in devant le Parlement, car c’est la seule manière de nous faire entendre », menace Hassan Salam dans L’Economiste.

« Si le phénomène des ‘’ferrachas’’ est très visible depuis que Mohamed Bouazizi, ce marchand ambulant tunisien qui s’est immolé par le feu, il n’est pas pour autant nouveau. Il constitue une des expressions de la politique sociale low cost des pouvoirs publics », juge ce journal économique.

Au Maroc, les marchands ambulants ont des agréments municipaux pour travailler sur certains axes urbains. Ils sont estimés à 238.000 et font vivre quelque 1,3 million de personnes. Se seraient-ils multipliés depuis le Printemps arabe ?

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L'Espagne accuse le Maroc de financer des mouvements islamistes

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Selon un rapport des services de renseignements espagnols, le CNI, le Maroc fait partie des six pays qui financent les mouvements islamistes en Espagne ; le rapport, largement repris dans la presse, indique que les six pays - Qatar, Libye, Emirats Arabes Unis, Arabie Saoudite, Koweit et Maroc - "soutiennent indirectement des mouvements islamistes radicaux sur le sol espagnol". Le rapport précise egalement que ces fonds sont transférés par la suite à des groupes radicaux.

Le CNI indique qu'une part importante de ces fonds versés aux mouvements islamistes provient du Maroc qui souhaite financer le million deux cent mille musulmans présents sur le territoire espagnol et dont 80% environ sont d'origine marocaine. Le renseignement espagnol explique qu'au départ, ces capitaux étaient destinés au contrôle de ces populations et à leur encadrement, mais, inévitablement, une partie tombe entre les mains de groupes radicaux surveillés par les Espagnols en raison de leurs activités suspectes.

Les affaires religieuses sonr particulièrement suivies par les autorités espagnoles en raison de la pénétration des Marocains dans les milieux islamiques, soit 791 associations officielles, ce qui a poussé le gouvernement de Madrid à revoir la composition de la Commission islamique en Espagne. Le gouvernement Zapatero voit d'un mauvais oeil l'implication des Marocains dans les affaires religieuses, les considérant comme une affaire interne, alors que le Maroc se sent ausi concerné par cette affaire car selon lui, il s'agit de protéger ses ressortissants contre un noyautage chiite et wahhabite. Le CNI dresse un tableau obscur de la situation, mettant en cause la marginalisation de ces populations musulmanes, avec des ghettos isolés et des pratiques et une "police" agissant en marge de la loi espagnole.

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Jusqu'à quand l'Etat cédera-t-il face au 20 Février ?

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Dans un contexte régional et mondial marqué par les bouleversements politiques et sociaux, le Maroc a pu maintenir sa stabilité, malgré les tentatives du Mouvement du 20 Février et d'al Adl wal Ihsane d'entraîner l'Etat dans la confrontation. Qui a mandaté ceux-là à s'exprimer au nom du peuple qui a choisi la manière douce en adoptant une nouvelle Constitution ? Et quel est cette démocratie où une minorité veut imposer ses vues à la majorité ? Et jusqu'à quand l'Etat permettra-t-il à ces gens de lui contester son droit à faire régner l'ordre, cet Etat qui ne peut véritablement être démocratique qu'en étant ferme ?

En effet, ces derniers temps, l'Etat a fait preuve d'hésitation à maintenir l'ordre, malgré les différentes atteintes aux biens, publics ou privés, et aux personnes. Ces atermoiements de l'Etat et son comportement négatif face à ces manifestations ont abouti à faire vivre les gens sous le joug du "terrorisme" d'une minorité de manifestants. Et malgré les avancées politiques et constitutionnelles qu'à connues le Maroc, le rythme des protestations se renforce face à la négligence de l'Etat à faire respecter le droit et protéger ses intérêts et ceux de ses citoyens. Selon Lahcen Haddad, chercheur en études stratégiques et membre du Bureau politique du MP, "les manifestants exercent leur droit au détriment de celui des autres", appelant l'Etat à assumer ses responsabilités en matière de maintien de l'ordre, à travers une plus grande fermeté. C'est en effet du prestige de l'Etat qu'il s'agit, suite au laissez-faire face aux manifestations, aux divers blocages enregistrés dans de larges secteurs de l'économie, ainsi que face à cette vague, inédite, d'attaques à main armée. Selon Haddad, l'Etat doit trouver un équilibre entre le maintien de l'ordre à travers le respect de la loi, et la garantie des droits aux personnes.

Pour Mohammed Grine, dirigeant du PPS, l'Etat doit aussi bien garantir le droit de manifester et de protester que la sécurité des biens et des personnes, reconnaissant que cet équilibre est une affaire complexe, qui passe par une meilleure formation de ses forces de l'ordre pour assimiler les changements intervenus et le comportement à avoir en conséquence. Selon Grine, la Maroc a déjà connu de tels évènements en 1965, 1981 et 1984, mais le contexte du printemps arabe incite l'Etat à la retenue et à la prudence, ce qui ne doit pas être la règle, les pouvoirs publics devant absolument préserver leur autorité et leur prestige. Cele a débouché sur les dépassements du 20 Février, des diplômés chômeurs, des jeunes du bassin phosphatier, et dernièrement, à cette recrudescence du phénomène des agressions avec l'utilisation d'armes à feu. Et pour illustrer cela, il importe de méditer sur l'exemple de Londres et son traitement équilibré entre droits des manifestants et protection des contribuables.

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La gestion déléguée de nos villes est-elle la bonne solution ?

On leur a presque tout concédé : l’eau, l’électricité, l’assainissement, la gestion des ordures ménagères, le transport urbain… Ces sociétés étrangères, qui profitent bien de l’aubaine juridico-fiscale qu’offre le pays, ne font pas mieux que nous.

Dès qu’ils prennent possession des biens et services qu’ils s’engagent à gérer « en bon père de famille » par le biais d’un cahier de charges pourtant très corsé, ces prestataires entament leurs activités par ce qu’ils appellent par euphémisme des « plans sociaux », qui veulent dire en langage décrypté: « licenciement des seniors », « réduction des coûts de production », « austérité ».

Surestimant leur capacité de gestion, ces entreprises finissent quelques mois plus tard par mettre la clé sous le paillasson en raison, disent-elles, de « difficultés financières », laissant derrière un déficit souvent important et une lourde facture sociale.

Ce scénario s’est produit récemment à Rabat avec la société délégataire du service de transport urbain » Stareo « , filiale de Veolia, qui a décroché en 2009 un contrat d’exploitation d’une durée minimale de 15 ans, mais a déposé le bilan 16 mois plus tard.

Le parcours de Stareo a été émaillé d’improvisations depuis son démarrage : désorganisation logistique, grèves du personnel, mise en service de véhicules bon marché – pour rappel un autobus avait pris feu l’an dernier au quartier Diour Jamaa heureusement sans faire de victimes-.

Les employés des anciennes sociétés de transport qui opéraient dans la ville multipliaient les débrayages, réclamant des indemnités de chômage et leur réintégration. Cette situation a eu des conséquences désastreuses sur le fonctionnement de ce service: Les heures d’attente devant les stations s’allongent, les transporteurs clandestins (Khettafas) se multiplient et la crise de transport dans l’agglomération s’installe et ne verra pas d’issue depuis.

Les autorités de la ville ont créé une nouvelle société pour gérer ce service, mais la problématique du transport urbain de Rabat ne semble pas connaître des jours meilleurs.

Autre secteur vital qui pâtit des mêmes insuffisances est celui de la gestion des ordures ménagères.

Les plus grosses parts de ce marché sont détenues par l’Espagnol TecMed, l’Américain EcoMed, les Français Segedema (filiale de Pizzorno Environnement), Sita (filiale de Suez) et Veolia Propreté.

Après les « sept jours » d’euphorie qui suivent la signature du contrat, ces entreprises « entrent en hibernation », laissent s’accumuler les détritus, malmènent leurs personnels et font des économies sur le carburant en réduisant la fréquence des passages des camions chargés de la collecte des ordures.

Résultat : des bennes débordées, des odeurs nauséabondes et des rues jonchées de saletés.

Ce spectacle, qui manque de ressembler à celui de la ville italienne de Naples, existe un peu partout à Rabat, Témara, Salé, encore moins dans d’autres villes comme Tanger, Marrakech ou Casablanca et tout récemment à Nador où un dialogue de sourds s’instaure entre la société délégataire et les autorités locales.

Les communes reprochent aux prestataires leur manque de sérieux, alors que ces derniers les accusent de « mauvais payeurs », mais la principale victime de ce quiproquo est le citoyen-payeur d’impôts qui se trouve au centre d’une querelle qu’il n’a pas cherché à provoquer.

Tout récemment dans la commune de Youssoufia à Rabat, la situation de la collecte des ordures ménagères avait atteint un niveau insupportable. Les autorités pointent du doigt le non respect par les deux sociétés délégataires du cahier des charges.

Les deux sociétés Tec-Med et Sita Al Baida font preuve de » négligence dans la gestion de ce secteur vital », avait déclaré à la MAP, M. Brahim El Joummani, président de cette commune.

A Nador, le président du groupement des communes pour l’environnement et maire de la ville, M. Tareq Yahya a confié récemment à la MAP avoir épuisé toutes les voies pour amener la société Veolia à remplir ses engagements et à respecter le cahier des charges, faisant état notamment de « défaillance » dans les prestations de collecte, de » non remplacement des engins et conteneurs détériorés » et de » non respect des horaires de passage des camions « .

Si le Maroc a ouvert ces secteurs vitaux au capital privé notamment étranger au cours des années 1990 pour en améliorer la qualité et l’efficacité, il fait face aujourd’hui à une situation qui le contraint de réfléchir sur ces mécanismes de gestion qui semblent montrer leurs limites.

Adil Z. Jabiri/MAP

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Photos de la sortie de Prison d'Ilham Hasnouni, la plus jeune détenue politique au Maroc

Ilham Hasnouni, la plus jeune détenue politique au Maroc a été libérée de prison aujourd’hui, mardi 16 août. Le juge avait prononcé une peine de 10 mois de prison ferme à son encontre, correspondant approximativement à la période de sa détention. « Nous sommes bien sûr contents qu'Ilham quitte la prison, mais nous demandons son acquittement des charges retenues contre elle. Jusqu’à maintenant, le procureur n’a toujours pas apporté de preuves de ce qu’il avance », a declaré Mohamed Messoudi, avocat de la défense, interrogé par le portail Lakome.com.

Arrêtée le 12 octobre 2010, à son domicile, Ilham Hasnouni était poursuivie pour « troubles à l’ordre public » et « destruction des biens de l’Etat ». Agée de 22 ans, Ilham est militante au sein de l’Union nationale des étudiants marocains.

Photos de sa libération :



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Cheb Rizki Abandonne la Musique pour se consacrer uniquement à la Religion

Après le chanteur populaire Jedwane qui s'est repenti après avoir fait le pèlerinage à la Mecque, c'est le tour de l'ancien chanteur du Rai Cheb Rizki, de se retirer de la musique.

Mohamed Rizki est né le 19 juin 1976 à Casablanca. Ce jeune artiste Marocain a débuté sa vocation dès l’âge de 7ans au sein de son école ou on le sollicitait souvent des organisations festives de l’établissement pour honorer toutes les fêtes nationales.

Cette reconnaissance lui a donnée la force nécessaire pour croire en son talent et s’ouvrir quelques portes dans l’univers du show business ou exerçait déjà certains de ses idoles comme Mami, Khaled… Ce qui lui a permis de découvrir le travail de fond obligatoire pour construire et réussir sa carrière.

En 1994, Rizki fait son choix de style de musique après avoir écouté, tester et évaluer son mixage musical afin de créer style que des maisons de disques vont adhérer facilement.

Conséquence : il est devenu en très peu de temps la coqueluche de la chanson des auditeurs dans le monde arabe grâce à sa discographie de 7 albums dont 4 on fais un énorme succès.

Vidéo : Cheb Rizki annonce son retrait de la music 




L'un des succès de Cheb Rizki, "Ana Al Ghaltan" :



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Débat sur Facebook sur le droit de ne pas jeûner pendant Ramadan au Maroc


L’interdiction de la rupture du jeûne en public est un débat qui fait rage depuis toujours. Pour la deuxième année consécutive au Maroc, les discussions se transforment en acte. Ainsi, cette année, Facebook est la scène d’un débat houleux orchestré par le blogueur activiste Najib Chaouki.

En effet, au Maroc, l’article 222 du code pénal interdit strictement la rupture du jeûne en public pendant le Ramadan. Ce qui n’est pas du goût de beaucoup de marocains. Déjà l’an dernier, l’association Mali (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles), avait tenté d’organiser une rupture du jeûne en public et en groupe.

Mais l’action s’était soldée par une quinzaine d’arrestations. Sur Facebook, Chaouki a alors lancé un groupe simplement baptisé « Marocains pour le droit de ne pas jeûner pendant le Ramadan ». Surnommés les dé-jeûneurs, ces musulmans qui choisissent de ne pas faire le Ramadan sont boycottés par les plateaux télés. Eux qui dénoncent une loi contraire aux libertés individuelles n’ont pas leur place dans la scène médiatique. Ainsi, seul Facebook et d’autres réseaux sociaux leurs permettent une entière liberté de ton.

« Ce groupe n’appelle pas au non-jeûne du ramadan mais défend les dé-jeûneurs comme faisant partie de la société marocaine ayant le droit d’exercer leur liberté de ne pas observer le jeûne. Pourquoi oblige-t-on le dé-jeûneur à se cacher ? Nous voulons sortir de l’hypocrisie sociale dans laquelle nous vivons. », déclare Najib Chaouki. Le blogueur déplore une loi « liberticide » et ambiguë, qui ne tiendrait pas compte des autres minorités religieuses du Maroc (à part la minorité Juive). Le phénomène prend de l’ampleur sur la toile et le débat a lieu, mais seulement derrière des ordinateurs…*

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A Casablanca, le 20 Février appelle à la désobéissance civile contre la Lydec (Maroc)

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Samedi soir, à Casablanca, le Mouvement du 20 Février a appelé pour la première fois à une forme de désobéissance civile, brandissant et criant des slogans contre le paiement des factures d'eau et d'électricité de la Lydec, comme premier pas vers la révocation du contrat du gestionnaire délégué avec la Ville. Omar, membre du 20 Février et d'al Adl wal Ihsane affirme que "le pire cauchemar des autorités est en train de se réaliser" à travers la participation des habitants des zones populaires aux manifestations organisées dans leurs quartiers ; "les autorités étaient méfiantes quant au déplacement des marches vers les quartiers populaires, et elles ne voulaient pas que les habitants de ces quartiers comprennent que manifester était un droit qu'ils pouvaient exercer comme ils le voulaient, mais maintenant c'est chose faite et les pouvoirs publics n'y peuvent rien". De fait, plusieurs quartiers étaient représentés à la manifestation de Bournazel, Hay Sadri, Sidi Moumen, Sidi Bernoussi, et le nombre des manifestants a été estimé à 40.000 personnes, selon un militant du 20 Février et membre du PSU, dont la moitié formée par les manifestants habituels du 20 Février et l'autre moitié venant des quartiers populaires. La police, elle, a estimé le nombre à 10.000 personnes.

Ce qui est sûr, en revanche, c'est la diversité des manifestants, répartis entre militants du 20 Février, de diplômés chômeurs, d'habitants de Bournazel, les activistes gauchistes avec leurs slogans communistes et leurs effigies de Che Guevara, les salafistes demandant l'élargissement de leur compagnons emprisonnés ou au moins de meilleurs conditions de vie dans leurs cellules. On notera l'absence des militants du "9 mars", ou autres opposants au 20 février, de même que la discrétion des forces d'intervention de la police, facteur expliqué de deux façons, celle des militants qui estiment qu'ils ont atteint une maturité que la police admet désormais, et celle d'autres activistes qui soutiennent que la patience des pouvoirs publics est arrivée à son terme et que la semaine prochaine, place sera donnée aux matraques.

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Les élections au Maroc n'auront plus lieu le 11 novembre pour cause d'Aïd el Adha

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Selon une source informée, le ministère de l'Intérieur a contacté les chefs de parti pour les informer que la date du 11 novembre, initalement avancée pour la tenue des élections législatives, n'était plus d'actualité car cette période conïncide avec Aïd al Adha. En effet, ce seraient des collaborateurs de Taëb Cherkaoui, ministre de l'Intérieur, qui auraient fait remarquer que cette date était celle de fête religieuse.

De son côté, Abbas el Fassi, premier ministre et SG du parti de l'Istiqlal, avait affirmé en marge du Conseil national de son parti que le ministre de l'Intérieur l'avait appelé pour lui annoncer que la date du 11 novembre n'était plus retenue.

Les élections seraient donc repousssées qu'au 25 du même mois, le 18 étant le jour de la fête de l'Indépendance.

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Classement des voitures les plus vendues au Maroc


59 500 voitures ont été vendues au Maroc, contre plus de 56 400 durant la même période de 2010 selon les dernières statistiques de l’Association des importateurs d’automobiles au Maroc , Renault a vendu 13 700 voitures «Dacia Logan» dans les sept mois, contre 11 300 voitures ont été vendues pendant la même période de l’année dernière, une croissance qui a dépassé 21 pour cent.


Ford a maintenu un taux de croissance de près de 30 pour cent, en plus de Mitsubishi, qui a augmenté ses ventes cette année par plus de 75 pour cent, et Nissan a réussi à doubler le chiffre d’affaires de 348 voitures à 1017, soit une augmentation de près de 200 pour cent, les voitures asiatiques telles que Hyundai et Toyota et Suzuki et Kia Motors, ont subi une baisse de vente, Kia a vendu 2993 voitures, avec une baisse de neuf pour cent, les Hyundai ont descendu de 5 pour cent, et Toyota de 4 pour cent.


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La Police marocaine se prépare à mettre fin au Chaos dans les rues

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"Vous avez fait preuve de patience et d'abnégation, vous nous avez supportés, et je vous en remercie, et ce que je peux vous conseiller, c'est de persévérer dans cette voie et dans vos efforts, parce que le pays a énormément besoin de vous"... C'est en ces termes que le premier responsable de la police nationale, le directeur de la DGSN, Charki Draïss, s'est adressé aux chefs de la police de Marrakech, vendredi dernier, soit deux jours après une réunion similaire qu'il avait eue à Casablanca, et il prévoit encore des rencontres avec les responsables de Tanger, Agadir et Oujda. 


Le thème de ces rencontres est la sensibilisation au relâchement sécuritaire que connaissent les grandes villes du royaume, en matière de sécurité, ainsi qu'aux dérapages enregistrés dans les différentes manifestations qui, de revendicatives, deviennent agressives avec occupations et détériorations de locaux publics. devant cette situation, généralisée à l'ensemble du territoire, et accentuée par le phénomène des vendeurs ambulants qui occupent d'une façon tout à fait arbitraire le domaine public, les gens commencent à réclamer publiquement un retour à la fermeté de la part de l'Etat, et à son rôle dans la protection des biens et des personnes. 


En effet, le suivi des mouvements sociaux par la police s'est fait au détriment de la lutte contre la délinquance et la criminalité, qui ont connu une forte augmntation en milieux urbains, de même qu'un relâchement au niveau du respect du code de la route, qui nécessite aussi une attention des services de police, dans le cadre strict du respect de la loi.



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La voiture du Roi du Maroc bloquée dans des embouteillages à Casablanca

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Deux hauts responsables de la police casablancaise ont été convoqués par leur hiérarchie pour s'expliquer sur les embouteillages du dimanche soir dans la capitale économique. Ces bouchons ont empêché la voiture du roi de circuler auux abords du Mégarama. Le directeur de la DGSN, Charki Draïss est revenu à Casablanca, interrompant sa visite dans les provinces, spécialement pour suivre cette affaire et en identifier les responsables. Le roi est ainsi resté bloqué, comme n'importe quel citoyen, dans l'attente de la reprise de la fluidité de la circulation. 
Des mesures disciplinaires devraient être prises, mais une autre source impute cet incident à l'absence d'une politique de circulation dans la métropole, malgré les sommes colossales qui lui ont été affectées depuis 5 ans. 
Il est à noter que ces embouteillages de la circulation sur la Côte interviennent alors même que les travaux du tramway n'ont pas encore atteint cette zone. D'autres sources informées mettent en garde contre toute mesure à l'encontre de responsables connus pour leur droiture et leur honnêteté, comme cela s'est a été le cas dans le passé, où certains responsables ont été envoyés aux confins du pays en guise de sanction.


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Arrestation à Casablanca des Agresseurs Armés avec 5 Revolvers et 500 Balles

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La police a poursuivi son opération de démantèlement du gang qui est à l'origine de l'attaque à main armée des convoyeurs d'or, le 1er août dernier. L'arrestation d'un suspect, surnommé "l'Egyptien", a conduit les enquêteurs vers ses complices, réfugiés dans un appartement du côté du stade Philippe. Les policiers ont pu mettre la main sur un arsenal constitué de quatre revolvers 9mm et 500 balles, qui ont été introduits au Maroc, en plusieurs fois, par un émigré. Plusieurs points communs lient les suspects : ils sont issus de catégories sociales aisées, ils sont de la même génération, ils disposent de structures commerciales prospères et ils sont tous animés par la passion des grosses cylindrées. Les enquêteurs, qui sont toujours à la recherche du dernier complice et des 11 kilos d'or volés, ont procédé minutieusement depuis le début de leur enquête, remontant pas à pas les traces des agresseurs, dans une parfaite coordination entre services.

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Le Maroc dépense beaucoup d'argent pour son Armement




Début août, le Maroc reçoit ses premiers avions de combat F-16. Les Forces armées royales avaient passé commande de 24 de ces chasseurs en 2007 au constructeur américain Lockheed Martin, après que l’option d’achat d’avions français Rafale ait été définitivement écartée. Ce marché, qui porte sur un montant total de 1,67 milliard d’euros, est le principal d’une série qui marque le volontarisme du royaume à moderniser son arsenal militaire et aussi et surtout à bomber le torse face au «frère ennemi» algérien, avec qui les relations sont toujours aussi tendues.

15% du budget marocain consacré à la Défense…
D’après Forecast International, le Maroc est parmi les pays africains qui consacrent le plus d’effort budgétaire à leur armement.
Depuis son accession au trône en 1999, le roi Mohammed VI a ouvert les robinets pour l’armée: son budget a été doublé par les dernières lois de finances, notamment depuis 2008. Il y a encore cinq ans, ce budget ne dépassait guère les 836 millions d’euros. WikiLeaks révélait à ce propos un rapport confidentiel daté de 2008 rédigé par Thomas Riley, l’ex-ambassadeur américain à Rabat qui s’inquiétait de l’état de vétusté de l’armée chérifienne.
Aujourd’hui, le royaume consacre chaque année une enveloppe de près de 2,8 milliards d’euros à son armée, soit environ 15% du budget de l’Etat. Pourtant, sous la coupole de l’Hémicycle les élus procèdent à un vote rapide et à l’unanimité pour ce poste budgétaire dont les contours effectifs relèvent du secret défense.
… soit le double de celui de la Santé
Pour le dernier budget, cette enveloppe avoisine les 32 milliards de dirhams, soit 3 milliards d’euros, dont 950 millions pour la seule acquisition de matériel. Comme en 2010, le seul fonds d’acquisition et de maintenance de l’arsenal militaire chérifien est crédité cette année de la coquette somme de 10,2 milliards de dirhams (835 millions d’euros), soit à près deux fois le budget de fonctionnement de la santé publique et plus de 8 fois celui de ses investissements.
Les besoins militaires du Maroc absorbent 5% de son PIB, ce qui lui vaut de figurer au top 20 des pays les plus dépensiers pour leurs armées. Aussi, si l’on tient compte de la croissance du PIB, le Maroc dépense plus de 7 millions d’euros par jour pour sa défense.
Depuis 2004, les dépenses militaires ne cessent d’augmenter. La course à l’armement imposée par des raisons d’équilibre géostratégique maghrébin avec Alger pousse à toujours plus de décaissements.
Un chapelet de grosses commandes d’armement a été passé ces dernières années, dont les plus importantes sont: deux escadrilles de F-16 précitées en plus de la modernisation de 27 Mirage F-1 français pour 400 millions d’euros, une frégate française Fremm pour 470 millions d’euros, trois hélicoptères américains CH-47D pour 93,4 millions d’euros, quatre avions de transport tactique C-27J Spartan à l’Italie pour 130 millions d’euros et 1.200 blindés espagnols pour 200 millions d’euros.
Sans le conflit du Sahara, et le nécessaire équilibre régional avec l’Algérie —mais aussi avec certains pays d’Europe du Sud, avec qui Rabat entretient des liens de coopération militaire au sein de l’Alliance Atlantique— le Maroc aurait été dans la moyenne du classement mondial des dépenses en armement. Il sortirait annuellement pour ses forces armées moins de 2% de son PIB et économiserait ainsi près d’1,4 milliard d’euros par an pour satisfaire ses besoins cruciaux en matière sociale.
L’Algérie, second importateur d’armes du continent
Si le Maroc s’arme, l’Algérie aussi. Les données du dernier rapport 2010 de l’Institut international de recherche pour la paix (Sipri), basé à Stockholm, en Suède, mettent en évidence cette course effrénée à l’armement à laquelle se livrent les deux pays voisins. Cet institut d’études stratégiques, qui fournit les statistiques annuelles sur les dépenses militaires et le marché de l’armement dans le monde, classe l’Algérie au second rang des pays africains en terme d’effort d’armement, juste derrière l’Afrique du Sud. Elle consacre en moyenne 3% de son PIB par an aux dépenses militaires, ce qui représente environ 4,5 milliards d’euros pour 2011.
Dans le même classement, le Maroc se trouve à la 5e place, avec un rapport plus important de ponction sur le PIB, plaçant le royaume en pôle position des pays à économie comparable qui consacrent le plus de richesses à leur défense.
+10% par an pour le budget militaire algérien
Selon des estimations publiées par la CIA sur son World Factbook, c’est le Maroc qui consacre en termes relatifs le plus d’argent à l’armement. Il se place en 17e position du classement mondial, suivi par la Libye (4% du PIB), l’Algérie (3% du PIB) et la Tunisie (1,5% du PIB).
Les dépenses militaires algériennes et marocaines connaissent ainsi chaque année une forte progression. Le conflit du Sahara occidental est à l’origine de cette rivalité, le Maroc considérant officiellement l’Algérie comme partie prenante de ce contentieux territorial vieux de trois décennies. Le budget consacré par les deux pays à la défense illustre on ne peut plus clairement cette frénétique course.

La conclusion par l’Algérie d’un contrat d’acquisition d’une soixantaine d’avions de combat avec la Russie en 2006 avait immédiatement suscité une réaction de Rabat, qui s’est empressé de moderniser sa flottille de Mirage F-1 vétustes et de conclure le mirifique contrat des F-16 avec Lockheed Martin —et avec la bénédiction de Washington.
Le budget militaire algérien s’accroît d’environ 10% par an. Des sommes colossales sont ainsi allouées par ces deux pays dont le secteur militaire occupe la première place en terme de budgétisation.
Certes, la tendance est mondiale: les dépenses militaires ont en effet augmenté de 45% en dix ans. Mais «la compétition engagée entre l’Algérie et le Maroc en termes d’acquisition d’équipements militaires fait couler beaucoup d’encre et inquiète aussi bien les Américains que les autres pays du bassin méditerranéen», rappelle un rapport d’analyse des Nations unies cité par le Sipri.
Les États-Unis et l’Union européenne ont exprimé ouvertement leur inquiétude quant à la tendance haussière des dépenses de ces deux pays —qui font pourtant le bonheur des marchands d’armes américains, européens, russes mais aussi ceux des pays émergents comme le Brésil.
Même l’assurance donnée par l’Algérie que ses dernières commandes entraient dans le cadre d’un plan de modernisation des équipements de son armée —qui date de l’époque de l’Union soviétique— et de son effort pour combattre al-Qaida au Maghreb islamique n’a pas atténué les craintes des Occidentaux, soucieux surtout de la sécurité de leur allié traditionnel dans la région, à savoir le Maroc. Les Etats-Unis considèrent ce plan de modernisation de l’armée algérienne comme «un plan dissuasif» face à la montée en puissance de son voisin de l’Ouest. En réalité, la dissuasion est symétrique.
Des marchés boostés par les révolutions arabes
Des sources diplomatiques citées par la presse algérienne affirment que la Maison-Blanche porte un intérêt particulier à cette question. Washington a d’ailleurs interpellé l’Algérie sur le mobile de son acquisition massive de centaines de chars d’assaut, d’une vingtaine d’avions de combat sophistiqués, de sous-marins, de dispositifs de défense aérienne de fabrication russe et de frégates maritimes ultramodernes de marque française. Alger avait une fois encore répondu qu’il s’agissait «de moderniser l’armée nationale algérienne et de remplacer l’arsenal soviétique par un autre plus développé».
Le débat autour de l’armement entre l’Algérie et le Maroc n’est pas nouveau. Certains experts avancent que le fait que les Etats-Unis et l’Europe s’emparent de ce dossier ne constitue qu’un moyen de pression pour obtenir des marchés d’armement auprès d’une Algérie gavée par ses revenus pétroliers. D’autant qu’Alger importe principalement de la Russie, et, depuis peu, d’Europe, de Chine, d’Afrique du Sud et de certains pays sud-américains, dont le Brésil.
D’autres préoccupations sont à l’ordre du jour depuis le déclenchement des révolutions arabes. Les régimes de la région s’équipent aussi massivement pour contrer les soulèvements internes. Une réalité bien palpable aujourd’hui en Libye et en Syrie.


Par Ali Amar, SlateAfrique