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Les « ferrachas » prennent possession des rues au Maroc


Les marchands ambulants ont pris possession des rues du Maroc. La police, occupée à réprimer les manifestations du Mouvement du 20 Février, se montre plus tolérante envers eux que par le passé. Les commerçants sont naturellement en colère. Leur syndicat, rapporte le quotidien économique marocain L’Economiste, compte organiser un sit-in de protestation devant le Parlement après la fin du mois de ramadan.

Les « ferrachas », vendeurs ambulants appelés ainsi au Maroc parce qu’ils posent leur marchandise à même le sol, ont pris possession des avenues et artères des villes. Au grand dam des commerçants ! Dans la situation d’agitation politique que connaît le Royaume depuis février 2011, leur conquête de la rue semble plus tolérée que par le passé.

Ils sont partout, à tel point que les voitures circulent difficilement dans les artères qu’ils occupent. Depuis le début des contestations du Mouvement du 20 Février, les forces de l’ordre ont fort à faire avec les manifestants ! Elles n'interviennent plus pour dissuader les « ferrachas » de prendre possession de quartiers marchands entiers.

Les commerçants, naturellement, fulminent contre la « passivité des pouvoirs publics ». « Nous avons écrit à toutes les autorités compétentes, au gouverneur, au ministère de l’Intérieur, au Conseil de la ville… Nous avons même demandé audience au Premier ministre. En vain ! », déclare Hassan Salam, secrétaire régional du Syndicat national des commerçants et des professionnels (SNCP) de la ville de Salé, cité par le quotidien marocain L'Economiste. La réponse est toujours la même, regrette, de son côté, Ali Boutakka, trésorier du SNCP : il faut tenir compte du contexte social !

Menace de sit-in des commerçants

Devant l'absence de réaction des autorités, le syndicat des commerçants a annoncé des actions de protestation qui auront lieu après le mois de ramadhan. « Nous envisageons d’observer un sit-in devant le Parlement, car c’est la seule manière de nous faire entendre », menace Hassan Salam dans L’Economiste.

« Si le phénomène des ‘’ferrachas’’ est très visible depuis que Mohamed Bouazizi, ce marchand ambulant tunisien qui s’est immolé par le feu, il n’est pas pour autant nouveau. Il constitue une des expressions de la politique sociale low cost des pouvoirs publics », juge ce journal économique.

Au Maroc, les marchands ambulants ont des agréments municipaux pour travailler sur certains axes urbains. Ils sont estimés à 238.000 et font vivre quelque 1,3 million de personnes. Se seraient-ils multipliés depuis le Printemps arabe ?