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La première fois dans l'histoire du Maroc qu'un responsable de la DST est décoré par le Roi



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C'est la première fois dans l'histoire du Maroc qu'un chef des renseignements, civils ou militaires, est décoré ès-qualité par le roi. Le directeur de la DST, Abdellatif Hammouchi a reçu son cordon des mains du souverain le 30 juillet. Cette date restera gravée dans la mémoire de cette administration, car le geste royal sera considéré comme un "honneur" et une reconnaissance du travail de la DST, sur laquelle circulent indifféremment toutes sortes de rumeurs et d'informations.
Cette année, la DST a plusieurs fois créé l'évènement. Ainsi, avant de recevoir sa décoration, Hammouchi avait ouvert ses locaux au procureur du roi et à une délégation de parlementaires et de membres du Conseil national des droits de l'Homme, en leur disant : "Allez-y, fouillez où vous voulez pour trouver une cellule ou une pièce de torture, cherchez les instruments de torture... Il n'y a rien ici que des bureaux, des ordinateurs et des archives". Rares ont été ceux qui ont cru à cette version, tant sont nombreux les récits impliquant le centre de Temara. Mais plus important que la version de la DST ou celle de ses contradicteurs est le geste accompli par la première, indiquant par là qu'une période est révolue et qu'une autre a commencé. Et de fait, on n'a plus entendu de cas de personnes ayant transité par ce centre, et nul besoin dans le futur d'un autre pique-nique du 20 Février devant les locaux de cette administration.
Le second évènement est le succès des services de sécurité, et à leur tête la DST, à dénouer les ficelles de l'attentat d'Argana, en un temps record, avec une grande assurance en soi et sans porter préjudice ni aux libertés publiques ni au droit des suspects à un procès équitable. Ce faisant, la DST a apporté la preuve que la lutte contre le terrorisme peut se faire de manière légale, et que la loi est parfaitement capable de punir ceux qui l'enfreignent sans se remettre elle-même en cause.
Plusieurs interprétations ont suivi la décoration de Hammouchi et de son adjoint, la bénédiction royale, un message aux critiques de la DST, comme les journalistes par exemple, ou encore la volonté du maintien de Hammouchi à son poste sans qu'il soit besoin au futur chef de gouvernement de proposer quelqu'un d'autre pour diriger cet organisme qui a pris de l'importance à travers sa gestion de plusieurs affaires. Quelles que soient les interprétations données à la décoration des chefs de la DST, le plus important reste, à nos yeux, que cette administration passe de l'ombre à la lumière, devenant comme les autres, ne faisant peur à personne, ne suscitant les soupçons de personne et n'entreprenant aucun acte qui soit contraire à la loi. Aussi, la décoration de Hammouchi et la reconnaissance de son action l'incitera à oeuvrer davantage à moderniser la DST et à veiller à sa réputation, en se tenant à l'écart de toute intervention dans les domaines politique, médiatique ou numérique.