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L'affaire CNSS renaît finalement de ses cendres ...

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Comme un phoenix renaissant de ses cendres, l'affaire de la CNSS revient sur le devant de la scène, avec l'annonce du procès de ses anciens responsables, et la sortie de ce dossier du "frigo" où il se trouve depuis près de neuf ans, sachant que l'ampleur des malversations est colossale puisqu'elle atteint 115 milliards de DH. Une affaire de cette envergure aurait dû être jugée plus rapidement,  au lieu de traîner comme elle l'a fait, ôtant aux efforts de la Cour des Comptes et des services de sécurité toute force et crédibilité. Il est en effet peu logique que le jugement des grands responsables attende des années alors que d'autres affaires sont traitées en des temps record. "Jouer la montre" est en effet confortable pour les responsables et leur évite des migraines, mais suscite en contrepartie l'indifférence des Marocains face aux efforts des institutions chargées de combattre la corruption. Le facteur temps, en matière de lutte contre la corruption, est d'une extrême importance, qui apparaît d'ailleurs dans les revendications de la rue depuis plusieurs mois.
Les Marocains ont pris l'habitude de s'alimenter de dossiers chauds pendant l'été, sauf que cette fois le dossier de la CNSS risque d'être amer... Ce dossier établit la politique de procrastination des autorités, qui préfèrent juger les petits et laisser en paix les grands. La question est aujourd'hui de savoir si la justice rattrappera les fautes des autres institutions ; et la réponse à cette question nécessite de l'audace, du courage et une volonté politique claire, surtout que la Cour des Comptes avait clairement établi la responsabilité des autorités de tutelle dans les dysfonctionnements qu'à connues la CNSS, et par autorités de tutelle on entend les différents ministres qui se sont succédés. Ces collusions doivent donc être sanctionnées et non tomber dans l'oubli.