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Jusqu'à quand l'Etat cédera-t-il face au 20 Février ?

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Dans un contexte régional et mondial marqué par les bouleversements politiques et sociaux, le Maroc a pu maintenir sa stabilité, malgré les tentatives du Mouvement du 20 Février et d'al Adl wal Ihsane d'entraîner l'Etat dans la confrontation. Qui a mandaté ceux-là à s'exprimer au nom du peuple qui a choisi la manière douce en adoptant une nouvelle Constitution ? Et quel est cette démocratie où une minorité veut imposer ses vues à la majorité ? Et jusqu'à quand l'Etat permettra-t-il à ces gens de lui contester son droit à faire régner l'ordre, cet Etat qui ne peut véritablement être démocratique qu'en étant ferme ?

En effet, ces derniers temps, l'Etat a fait preuve d'hésitation à maintenir l'ordre, malgré les différentes atteintes aux biens, publics ou privés, et aux personnes. Ces atermoiements de l'Etat et son comportement négatif face à ces manifestations ont abouti à faire vivre les gens sous le joug du "terrorisme" d'une minorité de manifestants. Et malgré les avancées politiques et constitutionnelles qu'à connues le Maroc, le rythme des protestations se renforce face à la négligence de l'Etat à faire respecter le droit et protéger ses intérêts et ceux de ses citoyens. Selon Lahcen Haddad, chercheur en études stratégiques et membre du Bureau politique du MP, "les manifestants exercent leur droit au détriment de celui des autres", appelant l'Etat à assumer ses responsabilités en matière de maintien de l'ordre, à travers une plus grande fermeté. C'est en effet du prestige de l'Etat qu'il s'agit, suite au laissez-faire face aux manifestations, aux divers blocages enregistrés dans de larges secteurs de l'économie, ainsi que face à cette vague, inédite, d'attaques à main armée. Selon Haddad, l'Etat doit trouver un équilibre entre le maintien de l'ordre à travers le respect de la loi, et la garantie des droits aux personnes.

Pour Mohammed Grine, dirigeant du PPS, l'Etat doit aussi bien garantir le droit de manifester et de protester que la sécurité des biens et des personnes, reconnaissant que cet équilibre est une affaire complexe, qui passe par une meilleure formation de ses forces de l'ordre pour assimiler les changements intervenus et le comportement à avoir en conséquence. Selon Grine, la Maroc a déjà connu de tels évènements en 1965, 1981 et 1984, mais le contexte du printemps arabe incite l'Etat à la retenue et à la prudence, ce qui ne doit pas être la règle, les pouvoirs publics devant absolument préserver leur autorité et leur prestige. Cele a débouché sur les dépassements du 20 Février, des diplômés chômeurs, des jeunes du bassin phosphatier, et dernièrement, à cette recrudescence du phénomène des agressions avec l'utilisation d'armes à feu. Et pour illustrer cela, il importe de méditer sur l'exemple de Londres et son traitement équilibré entre droits des manifestants et protection des contribuables.