gravatar

Élections législatives au Maroc le 11 novembre, et après ?

alt


Après une longue période d'attente, le ministère de l'Intérieur propose la date du 11 novembre pour la tenue des législatives, en l'absence d'accord sur les lois électorales et dans l'attente de la session extraordinaire du parlement. Cette décsion met fin à la polémique sur la date d'octobre et ce qu'elle impliquait comme logique de mise sous contrôle de l'ensemble du processus par l'Intérieur, et la préparation non-démocratique des élections. Nous sommes aujourd'hui dans une meilleure approche pour la satisfaction des revendications des forces politiques, mais avons-nous véritablement dépassé le problème de la garantie de la crédibilité des élections ?

La réponse est malheureusement non car le climat politique est encore délétère avec la série de fautes commises comme l'intervention policière à Boujaâd samedi dernier contre le 20 Février, ou encore les tracasseries posées à la presse à la suite de l'affaire de l'influence du parti de l'administration sur les walis et gouverneurs, ou encore le communiqué des quatre partis (MP, RNI, UC, PAM), dont les trois premiers avaient déjà approché le 4ème, avant de s'en éloigner dans la première partie de l'année, et d'y revenir par la suite. Tout cela indique un retour en force de ce parti de l'administration, alors que les conditions endogènes et exogènes ne le permettent plus, comme on a pu le constater en Tunisie et en Egypte, et qu'on a commencé à l'entrevoir au Maroc, et que ces conditions ne se prêtent plus à ce type de politique basée sur ce genre de partis, et qu'un retour à cette politique ne pourra qu'accentuer le blocage politique au Maroc.

Ce qui est clair, aujourd'hui, c'est que les gains du Maroc en matière de préparation juridique des élections sont compensés par ses pertes en garanties politiques, étant entendu que les pertes politiques sont plus graves que les pertes juridiques, car elles concourrent à une pause dans l'installation de la confiance. Le challenge aujourd'hui est d'édifier des institutions fortes et crédibles, qui nécessitent de mettre au diapason les préparations politique et juridique, et l'évitement de tout ce qui pourrait porter préjudice à l'établissement de la confiance dans le processus de transition démocratique dans lequel le Maroc s'est engagé avec sa révision constitutionnelle.