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Débat sur Facebook sur le droit de ne pas jeûner pendant Ramadan au Maroc


L’interdiction de la rupture du jeûne en public est un débat qui fait rage depuis toujours. Pour la deuxième année consécutive au Maroc, les discussions se transforment en acte. Ainsi, cette année, Facebook est la scène d’un débat houleux orchestré par le blogueur activiste Najib Chaouki.

En effet, au Maroc, l’article 222 du code pénal interdit strictement la rupture du jeûne en public pendant le Ramadan. Ce qui n’est pas du goût de beaucoup de marocains. Déjà l’an dernier, l’association Mali (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles), avait tenté d’organiser une rupture du jeûne en public et en groupe.

Mais l’action s’était soldée par une quinzaine d’arrestations. Sur Facebook, Chaouki a alors lancé un groupe simplement baptisé « Marocains pour le droit de ne pas jeûner pendant le Ramadan ». Surnommés les dé-jeûneurs, ces musulmans qui choisissent de ne pas faire le Ramadan sont boycottés par les plateaux télés. Eux qui dénoncent une loi contraire aux libertés individuelles n’ont pas leur place dans la scène médiatique. Ainsi, seul Facebook et d’autres réseaux sociaux leurs permettent une entière liberté de ton.

« Ce groupe n’appelle pas au non-jeûne du ramadan mais défend les dé-jeûneurs comme faisant partie de la société marocaine ayant le droit d’exercer leur liberté de ne pas observer le jeûne. Pourquoi oblige-t-on le dé-jeûneur à se cacher ? Nous voulons sortir de l’hypocrisie sociale dans laquelle nous vivons. », déclare Najib Chaouki. Le blogueur déplore une loi « liberticide » et ambiguë, qui ne tiendrait pas compte des autres minorités religieuses du Maroc (à part la minorité Juive). Le phénomène prend de l’ampleur sur la toile et le débat a lieu, mais seulement derrière des ordinateurs…*