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Pourquoi la Bourse de Casablanca s'enfonce (Maroc)

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Hier encore, les indices de la place ont passé pratiquement toute la séance dans le rouge, témoignant de la morosité des derniers mois, au point que le Masi frôle désormais une performance de 10% depuis le début de l'année, revenant à son niveau le plus bas depuis avril 2010. Ce n'est pas mieux du côté des volumes, avec des séances à 30, voire 20 millions DH, aussi nombreuses ce deuxième trimestre que durant les dix dernières années. Dans le milieu des professionnels, on explique cela par l'attente de la concrétisation du retrait de la SNI de ses filiales, que le marché considère comme opportunes. Mais si ces explications laissent penser à une reprise, les clignotants sont au rouge, faisant entrevoir une morosité qui risque de s'étaler dans le temps. En effet, pour la SNI, l'attente risque de durer car la cession des 35% en Bourse n'est pas définie dans le temps, et s'effectuera en deux parties : d'abord la cession aux institutionnels long-termistes, et ensuite le public. D'autre part, la crainte d'une crise internationale, avec la situation en Grèce, puis en Italie, ferait craindre un effet de contagion psychologique sur le marché national comme cela avait le cas en 2008, surtout que la situation des finances publiques n'est pas rassurante.
Par ailleurs, on espère toujours une reprise à l'approche des publications semestrielles, mais comme ce fut le cas en début d'année, ces publications peuvent réserver de mauvaises surprises. La solution consisterait à recruter de nouvelles entreprises à la cote, mais le management de la Bourse a prouvé ses limites car, en dehors de Stroc Industrie, les marketeurs de la Bourse se sont confrontés à la réticence des entreprises cotables. Et pour la liquidité des marchés, et dans un contexte de manque flagrant en la matière, il faudra pour les augmenter faire appel aux IDE, accroître les transferts des MRE et renforcer les recettes touristiques... et ce n'est pas gagné.
C'est dire que même les pistes pour remédier à la morosité que connaît aujourd'hui la place casablancaise ne sont pas si évidentes à concrétiser, au grand dam de ceux qui espéraient donner rapidement à cette Bourse une envergure internationale.