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Les médecins des cliniques privés attaquent la ministre de la Santé (Maroc)

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Un groupe de médecins, parmi ceux dont les noms ont été révélés la semaine dernière, ont décidé de porter plainte contre Yasmina Baddou, la ministre de la Santé pour abus de pouvoir, négation des droits de l'homme et intervention dans les décisions de justice. La presse avait évoqué récemment une "opération mains propres" du ministère suite à laquelle Baddou avait pris la décision, motivée par ses rapports d'inspection, de fermer 13 cliniques réparties sur tout le territoire, demandant au Secrétariat général du gouvernement de prendre les dispositions nécessaires. Une source informée déclare à Assabah que le ministère avait appliqué à la lettre la loi 10/94, en procédant à une première inspection des cliniques, relevant des infractions et donnant un délai aux responsables pour remédier aux anomalies constatées, l'objectif du ministère n'étant pas de fermer des cliniques, mais d'améliorer les services de santé.
Le président du Syndicat national des médecins du privé, Mohamed Bennani Naciri, s'est déclaré surpris de la décision de Yasmina Baddou, la déclarant totalement illégale, et l'accusant d'avoir prononcé une condamnation à mort des médecins concernés par la publicité faite autour de leur nom, dans ce qu'il considère comme une opération électoraliste. Le Dr Bennani Naciri ajoute qu'en vertu de l'article 27 de la même loi 10/94, la procédure aurait dû être autre puisque cet article stipule que c'est le président du Conseil régional qui doit saisir la clinique concernée au sujet d'anomalies et de dysfonctionnements relevés dans ses services, en donnant un délai. Et dans le cas où rien ne serait entrepris, le médecin responsable doit être présenté au Conseil de discipline de l'Ordre, mais s'il ne se présente pas, le Conseil doit saisir le président du tribunal compétent pour fermer la centre de santé en attendant le jugement définitif.
Bennani s'interroge ensuite sur les raisons qui font que Baddou n'applique pas les jugements prononcés contre elle, se demandant également pour quelle raisons elle n'envoie pas ses insepcteurs dans les hôpitaux publics, dont les gens disent qu'ils sont moins hygiéniques qu'un "enclos pour animaux", et fustigeant enfin une décision qui ne s'applique pas aux proches et amis des responsables du ministère.