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Les diplômés chômeurs occupent les ministères et tentent d'entraver des services publics

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Avant la reprise des travaux du parlement, courant du mois d'août, certains ministres doivent faire face à des situations de crise dans leurs locaux, après la décision des diplômés chômeurs d'abandonner la place attenante au parlement pour se diriger vers les sièges de ministères. Ces intrusions/occupations ont atteint un pic la semaine dernière quand 1.200 chômeurs du groupement national des diplômés et de la coordination nationale des diplômés ont décidé d'envahir les locaux du ministère de la Culture pour "attirer l'attention du gouvernement sur leur droit à intégrer la fonction publique".

Après avoir essayé d'entrer, mercredi, au ministère de l'Education nationale et suite à la résistance des employés de ce ministère, rompus à ce genre de mouvement, les grévistes se sont dirigés vers le paisible ministère de la Culture dans l'encore plus paisible quartier Agdal. Les diplômés ont reçu le renfort d'autres groupes qui se sont mis à scander des slogans demandant leur intégration directe et immédiate, sous peine de procéder à "des suicides collectifs et individuels, ainsi que d'autres formes d'actions", selon le communiqué des jeunes. Ce mercredi toujours, d'autres diplômés chômeurs se sont dirigés vers le ministère de la Santé et après avoir accédé au hall central, une partie d'entre eux a effectivement mis en pratique ses menaces de suicide en ingérant des pesticides. Sans l'intervention de médecins présents sur les lieux, la situation aurait pu basculer dans le drame. Cette opération a eu lieu suite au "désespoir des chômeurs 10 années après l'obtention de leurs diplômes et 8 ans après les promesses faites en 2003 et tendant à leur intégration, et 4 ans de dialogues soporifiques avec le conseiller du premier ministre".

Autre lieu, autre action : les toits d'une annexe de la Primature, occupé par les diplômés qui ont mis en garde les responsables contre "le mépris pour leur avenir, (demandant) la décision immédiate de leur intégration et la fin de leur calvaire qui se poursuit et s'aggrave, ne laissant plus comme solution qu'une intervention royale ou un intérêt du gouvernement pour la question", selon un communiqué publié par les chômeurs. Quant au ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle, situé non loin de l'annexe de la Primature et de la gare, ce qui facilite le regroupement des diplômés, il a eu également son lot de manifestations, sauf que cette fois-ci, les vigiles sont intervenus, occasionnant des blessés qui ont dû être évacués sur les hôpitaux.

A al Hoceima, les diplômés chômeurs se sont dirigés vers l'aéroport Chérif Idrissi pour manifester leur mécontentement, mais à l'approche du site, les marcheurs se sont heurtés à la résistance des forces de l'ordre. Et de l'aéroport, on passe aux voies ferrées : A Sidi el Aydi, près de Settat, une centaine de diplômés chômeurs ont tenté de bloquer le passage des trains, mais une très forte présence policière les a incités au dialogue, puis au retrait suite aux promesses qui leur ont été faites d'étudier et de transmettre leurs dossiers.