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Le torchon brûle entre PAM et PJD, et les "walis et gouverneurs" en sont le carburant...

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Les affrontements pré-électoraux ont jeté la lumière sur un dossier jusque-là évité par l'ensemble de la classe politique. Il s'agit de walis et gouverneurs actuellement en fonction et qui seraient des émanations directes ou indirectes du PAM, et qui s'apprêteraient encore à user de leur influence lors des prochaines élections. La publication d'une liste de noms de ces fonctionnaires par l'hebdomadaire al Michaâl et l'enquête menée aussitôt après à ce sujet par le ministère le Justice montre bien la sensibilité de ce dossier. Selon Saâdeddine Othmani, le président du Conseil national du PJD, il existe certains walis et gouverneurs, pas tous mais certains, qui relèvent directement ou indirectement du PAM, précisant que certains secrétaires provinciaux ou préfectoraux de ce parti ont été désignés à la tête d'administrations territoriales. Il ajoute que des candidats ont été approchés pour intégrer le PAM pendant la préparation des élections communales de 2009, et ils l'ont fait, volontairement ou sous la contrainte. En tout état de cause, précise Othmani, il est apparu que le ministère de l'Intérieur n'est pas à la hauteur de la tâche consistant à contrôler les élections d'une façon neutre et qu'il importe donc de confier cette tâche à d'autres structures, comme cela a cours dans certaines démocraties.

Un autre dirigeant du PAM, Jamaâ Mouatassim, est plus clair lorsqu'il divise ces hauts fonctionnaires de l'Intérieur en deux catégories : ceux qui sont nommés grâce au PAM et auquel ils sont redevables, et ceux qui connaissent l'étendue de l'influence de ce parti et le soutiennent, même contre leur gré, et sans qu'ils aient de contact avec lui... Il ajoute que c'est Ilyas Omari qui serait derrière la nomination d'un certain nombre de ces agents de l'autorité, comme celui de Marrakech ou encore celui de Laâyoune. Interrogé, Omari contre-attaque en affirmant que ce sont Abbas el Fassi, Chabat et Benkirane qui nomment ou sont derrière les nominations des gouverneurs, el Fassi étant premier ministre, et Chabat membre du Comité exécutif de son parti. Quant à Benkirane, il est selon Omari le chef d'un parti qui était sous l'influence de feu le Dr Abdelkrim Khatib dont les liens avec l'Intérieur sont bien connus. Omari parle alors de parti secret en désignant l'Intérieur et affirme que Benkirane est derrière nombre de nominations en cela qu'il a gardé des contacts avec les chefs de ce ministère. Il termine en assénant que de toutes les façons, c'est le roi qui désigne les gouverneurs.

Abdelilah Benkirane, le SG du PJD, balaie toutes ces affirmations d'un revers de la main, les qualifiant d"'élucubrations" et accuse le PJD de retarder d'une guerre...