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L'Etat abandonne la rue au Mouvement du 20 février et à al Adl wal Ihsane

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Politiques, juristes, acteurs associatifs ont tous mis en garde contre l'escalade des revendications et des manifestations des jeunes du 20 Février et des diplômés chômeurs, en scandant des slogans contre le roi et les fondamentaux (sacrés) du pays, après avoir usé de violence lors de leurs manifestations, à travers l'occupation du siège du parti de l'Istiqlal ou le blocage des trains de phosphates, ou encore l'agression physique du préfet de police de Casablanca, entre autres... Ainsi, cette persistance à sortir dans les rues, à recourir à la violence et à détruire des biens privés ou publics posent des questions cruciales sur l'étendue des problèmes que connaît actuellement le 20 Février ou les autres associations.
Rachida Benmessaoud, membre du Bureau poloitique de l'USFP a déclaré que "ce que fait le Mouvement aujourd'hui est inacceptable de la part de l'opinion publique, et représente un danger pour la sécurité des gens". Puis elle ajoute que "des gens approuvent et se félicitent de cette expérience marocaine, exemplaire, mais que l'escalade dans la contestation, les actes de violence et le terrorisme de la part du Mouvement n'est sûrement pas innocent, et constitue une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos réformes ; nous ne devons pas tomber dans ce piège et les sages de ce pays doivent trouver les solutions pour sortir de cette impasse". Benmassaoud continue en préconisant de rencontrer les meneurs, et d'essayer de trouver avec eux des solutions. Quant à ceux qui auront commis des actes de violence, preuves à l'appui, ils doivent être sanctionnés aux termes de la loi. Pour Mme Benmessaoud, la monarchie étant le principal garant de la stabilité, "il revient aux forces politiques, gouvernement et partis, de remplir leur rôle avec fermeté et d'arrêter les agissements de ce mouvement".
De son côté, Ismaël Alaoui, ancien SG du PPS, estime que "l'autorité de l'Etat n'est pas remise en question, parce que cette autorité ne s'exprime pas en termes de peur de l'Etat ou de ses services", ajoutant que "les pouvoirs publics ont parfaitement les moyens et la capacité de faire cesser ces manifestations, mais qu'ils ont préféré agir avec intelligence, ce qui ne disculpe pas les manifestations de leurs intentions négatives et de leur idée fixe consistant à chercher un martyre".
Mais, selon Mohamed Tarek Sbaï, président de l'Instance nationale de défense de l'argent public,  "les apports de la Constitution sont incontestablement positifs, mais qu'ils restent pour l'intant à l'état de théorie, et que tant qu'ils ne sont pas appliqués, les manifestations se poursuivront et l'Instance considère que les symboles de la corruption et des mauvaises pratiques sont toujours en place et portent préjudice à l'autorité de l'Etat".
Et ainsi pour beacoup d'autres personnalités... Comme Amina Bouayach, présidente de l'Organisation marocaine des droits de l'homme qui pense que le 20 Février connaît de sérieux problèmes en ce moment, ou Lahcen Haddad, membre dirigeant du MP qui considère que le 20 Février ne peut exprimer ses revendications au détriment des autres catégories de population.