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Climat des affaires au Maroc : Pas de reprise avant 2013


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Le monde des affaires reste dans l'expectative, ne sachant sur quel pied danser pour entrevoir un horizon à la relance économique. Si l'on croise les éléments fournis par le Haut commissariat au Plan (HCP), le Centre marocain de conjoncture (CMC) ou Bank el Maghrib, on concluerait par un optimisme mesuré. En effet, plusieurs éléments se conjuguent : Priorité accordée à la consolidation des acquis, accélération des chantiers autant que faire se peut, recherche de nouveaux débouchés pour sécuriser les marchés, vu que les clients classiques sont touchés de plein fouet par la crise. L'économie marocaine s'en tire avec les honneurs, mais reste très fragilisée, et exposée au moindre aléa. Il est donc important de mesurer les risques et de se fixer un objectif à très court terme pour mieux appréhender la rentrée. La seule certitude qui se dégage des études mises en ligne cette semaine est que la croissance économique ne reprendra son rythme de croisière qu'en... 2013.
La bonne nouvelle est que les opérateurs économiques gardent le moral ou du moins ont l'espoir que "demain sera meilleur". Mais au moment où Bank al Maghrib révèle cet optimisme, à 51% tout de même, le CMC adopte une autre approche en établissant une corrélation avec l'amélioration du champ politique. Le CMC prévoit une croisance de 4,1% en 2012, à peu près pareille que pour l'exercice en cours. "Ce résultat témoigne d'une quasi stagnation du processus de croissance", explique-t-on au Centre. Une forme d'optimisme se dégage au vu de "l'accalmie" carctérisée par un climat social apaisé et issu de la révision constitutionnelle. Et de là devrait découler une confiance et une visibilité favorables à la reprise des investissements, incitant le CMC à prédire "un nouveau cycle économique ascendant" à partir de 2012, favorisé par ce nouveau contexte politique. Cela reste cependant tributaire du comportement de la demande extérieure qui alimente notre croissance interne et qui ne donne pour le moment aucune certitude sur son évolution d'ici fin 2012.
Au niveau du budget, tout semble indiquer que la prochaine loi de Finances devra bien serrer la ceinture en raison de l'augmentation des charges salariales et de celles de la Caisse de compensation. Dans ces conditions, pour le CMC, "les perspectives budgétaires pour l'année 2012 ne semblent pas offrir des marges de manoeuvres suffisantes, et le budget ne semble pas pouvoir faire jouer à la dépense publique un rôle de premier plan de soutien à l'activité et à la croissance". Parallèlement, les dégâts collatéraux du printemps arabe ont pesé sur la dynamique de certains secteurs à forte contribution au PIB, tourisme en tête, suivi par la baisse des flux des investissements étrangers et de la demande extérieure adressée au pays.